Livre d'or

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Yael Armanet Le 11/07/2017

Pour vous, cher François…
C’est l’histoire d’une adolescente rebelle à qui son « nouveau prof de philo » ouvre une immense fenêtre sur le monde. Elle n’en a pas conscience, mais son enseignement et sa personnalité auront un impact inestimable sur sa vie.



Elle gardera tous les livres qu’il aura fait lire à sa classe. Jamais elle ne jettera le classeur de son cours, qui la suivra dans toutes ses pérégrinations, jusqu’en Israël où elle a posé ses valises à 24 ans. Près de 40 ans plus tard, elle rencontrera Violaine, la fille de « son prof » et elle lui « restituera » ce trésor. Elle essaiera, en bafouillant un peu, de lui expliquer combien son père l’a marquée. Elle dira qu’il lui a fait, en quelque sorte, la courte échelle, par-delà le mur cloisonné de sa jeune vie sans horizon. Elle voudra le revoir pour lui dire merci.
Elle a grandi dans ses livres, en chipant chaque semaine quelques francs dans le porte-monnaie de sa seconde mère, pour acheter d’autres livres de poche. Ce qu’on lui donne ne lui suffit pas pour étancher sa soif d’apprendre, sa curiosité. Sa propre mère est décédée très jeune et son père est un homme autoritaire et distant. Repliée sur elle-même, elle a grandi dans une maison où on ne se parle pas. Elle ne sait pas ce qui lui manque. Quand elle décide d’être interne au lycée, l’année où elle redouble sa terminale, ses parents sont contents de la savoir loin, pour un temps. Son intuition ? Elle sera enfin indépendante au quotidien. Dans le milieu des Forces Françaises en Allemagne, en cette année d’avant mai 68, passer son Bac au Lycée français Charles de Gaulle, c’est soit rentrer dans les rangs, soit en sortir. Beaucoup d’élèves sont des enfants de militaires de carrière. Elle sent, avec quelques amis de sa classe, qu’elle n’est pas faite pour ce milieu. Elle leur restera fidèle, elle a toujours cultivé l’amitié.
Et puis, vient le jour où elle découvre que les pauvres cours jaunis et écornés, sur papier pelure, de son précédent prof de philo, soporifique, vieillissant, déconnecté de la classe, n’ont rien à voir avec ceux que donne le « nouveau prof », à la trentaine téméraire et passionnante ! Mais il a tout pour déplaire à l’administration : barbu, un peu anar, dans sa tenue vestimentaire comme dans son enseignement hors norme. Décidément, il dérange vraiment la vieille garde. En ouvrant ses élèves au monde de Nietzsche, à la musique de Wagner, en accrochant chaque jour d’autres cartes postales d’Histoire de l’art sur les murs de la classe et surtout un immense poster de « La montagne Ste Victoire » de Cézanne, etc. - il fait sa petite révolution tranquille dans les esprits étonnés de ses élèves. Il décline soudain le mot « étonnement » dans toute son étymologie ! Son parler doux, son regard bleu, sa démarche chaloupée - fascinent la plupart d’entre eux. Il a de l’humour dans sa grande timidité et on reste là, assis derrière nos pupitres, curieux, attentifs. Comme des buvards. On ne sait pas que parfois, un seul prof, dans une scolarité sans horizon, peut structurer les personnalités de ses élèves, marquer des jeunes vies à jamais. On n’a pas les mots pour analyser son impact. On est trop jeunes. Et on a tous été plus ou moins formatés, pendant notre scolarité, dans un moule sec, bien loin de ce brin de folie, de cette ferveur à transmettre son savoir qui anime « notre prof ». On est médusés. Tout d’un coup, un vent frais souffle dans les rangs…
Quand notre jeune prof arrive du fond du couloir, balançant, distrait, sa serviette bourrée de ses cours et stencils, tel un ado qui revient lui-même de l’école buissonnière et butine encore ici et là, on n’a qu’une envie, celle de lui dire : « ouh ouh, on est là ! » C’est qu’il avance, la tête dans les étoiles, et puis, sans transition, voilà qu’il nous embarque dans son monde, pour nous inconnu et si neuf. Il nous tire vers le haut et on ne le sait pas. Il ouvre une grande fenêtre et on ne le sait pas. Il nous prend par la main, avec timidité et détermination, maîtrise son enseignement avant d’être un merveilleux éducateur. Il nous dit que les questions peuvent rester sans réponse. Que tant que nous douterons de nos conclusions, nous serons vivants ! On comprend tout d’un coup que notre soif d’apprendre est restée bien longtemps inassouvie. Mais on a aussi cet âge qui croit avoir déjà tout compris... (to be continued)

vera idely cabral Le 26/05/2017

Oh, captain, my captain!
La mort de ma mére, la folie de mon frére... et le temps qui passe sans cesse. Mais la pensée sans frontiere, est toujours là, prés de mon maître.
Je viens de decouvrir ce site! Quelle joie de pouvoir me regaler en lisant vos paroles! Ça c'est le vrai trésor. Saudade.

yasar çabuklu (site web) Le 19/11/2015

Dear François Warin,
I am a Turkish essayist. I came across your web site during my surf on the subjects of cruelty and horror and I am impressed. I hope may be you can advise me books, articles, essays on those subjects, in English or in French.
Sorry I write in English, my written French is insufficient.
My essays are close to the sociology of culture, partly to the philosophy. I am mainly interested in “dark” subjects. Some of the writers I am interested in are Foucault, Bataille, Girard, Artaud, Blanchot, Nietzsche, Cioran, also Genet, Rimbaud, Baudelaire, Lautreamont and Celine. I have not read Michel Erman’s “La cruaute” yet. Titles of some of my essays are: shadow, chaos, death, murder, guiltiness, shit, garbage, cadaver, voyeurism, melancholia, serial homicide, self-injury, animality, freak, masochism, uncanny, ressentiment, evil, disaster etc.
As I have difficulty in finding “extreme” subjects related to violence, horror, cruelty, evil, uncanny now I am searching for “ordinary” subjects or situations which contain horror. Your article “La représentation de l'horreur” gave me hope about finding such writings. Also your evaluation of smoking is very impressive. Your comparison of the theaters of Artaud and Brecht is excellent. Some “extreme” writers defend monstrosity or horror as a way to oppose civilisation, culture, and I find this position wrong. You suggest to face the horror in the civilisation and you explain how the civilisation tries to domesticate that horror. I have been searching about extreme subjects in French for more than 15 years and I can say that your writings are the best .
What I am trying to find may be an article or essay or book comprising the “dark” side of the life. It may be literary or philosophical. I like “convulsive” writings, some kind of literary violence. Though i have different ideas from his, I liked Deleuze’s style of writing on Francis Bacon, Masochism, Kafka. In the past I was influenced by “une voie pour l’insubordination” by Michaux, “when the whip comes down: a novel about de Sade” by Jeremy Reed.
Your advice will be highly appreciated.
Thank you in advance.
Yasar Çabuklu

lorenzini patricia Le 13/08/2015

Monsieur,
je ne sais si votre site est encore d'actualité. Je connaissais Armelle du temps de Nice, avant qu'elle ne parte au Mali.Nous avons partagé quelques moments agréables l'Italie, pour n'en nommer qu'un... Moi -même professeur d'italien, à la retraite depuis un an, à Angers (jumelée avec Bamako...) sous le coup d'une nostalgie canaille j'ai tapé son nom dernièrement sur Internet et je suis tombée sur votre hommage...au début je n'ai pas vraiment compris et puis je me suis rendue à l'évidence. Dur dur. Excusez-moi de vous écrire cela, ici, n'ayant pas d'autre moyen de vous joindre....
...et veuillez excuser la liberté que je prends de vous solliciter...
cordialement

Patricia Lorenzini

Jean-Marc Laffont Le 01/05/2015

Bonjour,
Le hasard a fait que ce matin j'ai appris par votre site le décès il y a plus de 6 ans d'Armelle Bottet qui avait été ma prof de français latin durant 2 ans à Samatan (Gers) de 1971 à 1973.
Je ne l'avais pas revue depuis mais je n'ai pas oublié la qualité de ses cours et de la relation avec ses élèves. Elle fait partie des enseignants qui m'ont marqué et je tiens à vous remercier pour l'hommage qui lui a été rendu dans ce site.

Jean-Marc Laffont

THOMAS Le 28/03/2014

C'était déjà un vrai plaisir -même si à l'époque j'assimilais plus cela à de la souffrance mentale- que de vous entendre nous raconter vos expériences africaines, et aussi nous dispenser votre précieux savoir.
Je redécouvre aujourd'hui non sans plaisir, après avoir grandi et mûri(?), vos écrits et votre sens du partage du savoir.
Merci aussi pour ce que vous nous avez appris
Bravo, et continuez d'être ce que vous êtes : un esprit libre!
Cordialement et surtout, très respectueusement
Jean-Sébastien THOMAS

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